La limace…

Combien de fois vous êtes-vous consternés devant vos petites pousses de salade dévorées? Combien de fois l’avez-vous maudite en découvrant vos courgettes et vos fraises baveuses et bien grignotées?  Aucun ravageur n’a suscité autant de gros mots que la limace. L’efficacité des trucs et astuces utilisés par les jardiniers est très variable et il est donc préférable de combiner plusieurs solutions.

Limace yeux dans les yeux

 

 

 

 

 

Parce que sans les limaces nos jardins seraient envahis par ce que nous appelons des mauvaises herbes, commençons par privilégier les mesures préventives :

  • Protégez leurs ennemis naturels : hérisson, orvet, batraciens, musaraignes, certains carabes, faucheux, staphylin, ver luisant et de nombreux oiseaux… Offrez-leur un environnement riche et diversifié. Evitez de les empoisonner.
  •  Les poules, et surtout les canards adorent les limaces. Vous pouvez les lâcher dans le jardin à l’automne s’il n’y a plus de culture fragile.
  • Attention au mulch (paillis), à ne pas mettre en place avant que le temps chaud et sec ne se soit installé, car il fournit abri et nourriture aux limaces.
  • Pratiquez des arrosages peu fréquents mais très abondants et aussi localisés que possible, de préférence le matin.
  • Les barrières physiques : cendre, suie, poudre de roche… ne sont efficaces que jusqu’à la prochaine pluie. Il y a aussi le marc de café, les coquilles d’œufs pilées, les feuilles de chêne, le thym, les aiguilles de pin, le sable, le semis de graines de moutarde et les granulés de lave (du fait de leur grosse granulométrie). Les barrières en plastique ou en fer vendues dans les jardineries semblent être efficaces. Une bande de cuivre, pleine ou en filet, est une excellente barrière à partir du moment où elle est assez large (7cm) et entoure les cultures à protéger. L’oxyde de cuivre  exerce une action répulsive. Il semble qu’une barrière en laine de mouton bloque efficacement les limaces dans leur progression.
  • Le purin de limaces, préalablement tuées, fermenté pendant dix jours, semble être un bon répulsif – fort malodorant – à verser autour des plants menacés, mais il faut le renouveler régulièrement.
  • Les recettes répulsives sont assez nombreuses :
    A essayer, en fonction des plantes à disposition. Une infusion à 90°C de 250 g de saponaire dans 10 l d’eau froide peut être versée diluée au 1/20 sur les salades. Il est possible également de faire macérer 100 g de café dans 10 l d’eau, de porter à ébullition et de diluer au 1/10. Ou alors utiliser une macération à froid à base de 500 g de feuilles de rhubarbe dans 3 l d’eau pendant 24 h et pulvériser pur à 3 reprises. Autre possibilité : faire macérer 800 g de feuilles fraîches de rue dans 10 l d’eau pendant 10 jours puis diluer à 20% (attention! plante allergisante donc mettre des gants pour la cueillette). Encore une idée pour éloigner les limaces : employer un extrait fermenté réalisé avec 800 g de pousses tendres d’euphorbe épurge mises à macérer pendant quelques jours dans 10 l d’eau. Pulvériser pur, en périphérie du potager et des massifs. Et une petite dernière : utiliser les feuilles fraîches de la fougère aigle en guise de paillage (au pied des tomates) après les avoir hachées grossièrement au sécateur.

Limace

 

 

 

 

 

Et si l’invasion est trop importante ou les limaces vraiment têtues, voici quelques méthodes de lutte proprement dites :

  • Les pièges à bière demandent beaucoup de travail pour un assez maigre résultat, d’autant que d’utiles prédateurs peuvent également s’y noyer. Sans parler du fait que la bière tente tellement les limaces que vous risquez d’attirer celles qui sont chez vos voisins.
  • Le piégeage avec différents appâts (morceaux de pommes de terre, de courge, peaux de pamplemousses, son de blé…) est relativement fastidieux, mais permet d’importantes « récoltes », de même que le ramassage des limaces qui se réfugient le jour sous des planches ou des bouts de moquette. On peut également les capturer en grand nombre au pied de la menthe-coq ou de l’hysope. Ou les piéger avec des feuilles de consoude posées entre les rangs de salades et que l’on ramasse régulièrement. Le ramassage par temps humide ou le matin alors que la rosée est encore présente permet d’en ramasser un bon nombre. Sachez d’ailleurs que les limaces vont souvent par deux donc si vous en trouvez une, regardez dans un rayon de 15 cm autour et vous en aurez très certainement une autre. Ensuite, il est toujours aisé de leur trouver un endroit naturel où les envoyer en vacances… loin de votre jardin!
  • Une méthode de lutte biologique est venue compléter cette panoplie : le recours à des nématodes, vers microscopiques prédateurs spécifiques des limaces. Ils sont conditionnés en poudre, qu’il faut diluer dès réception dans 80 ou 200 litres d’eau (pour 40 ou 100 m2) et l’épandre à l’arrosoir un soir de printemps sur un sol humide – à maintenir humide au moins 15 jours. Les nématodes recherchent activement leurs proies, pénètrent dans le corps de leur victime par l’orifice respiratoire et y répandent des bactéries qui lui sont fatales. Les limaces visibles en surface présentent un gonflement caractéristique, mais toutes celles qui sont dans le sol sont également atteintes. Une application au printemps vous débarrasse en principe pour toute la saison des petites limaces dont les déplacements sont réduits. Quant aux grosses, elles peuvent revenir des alentours à l’automne.
  • Non toxique pour les autres espèces et pour le milieu, le phosphate de fer inhibe l’appétit des limaces, qui retournent vers leurs abris pour mourir. Le produit reste actif plus longtemps s’il est abrité (sous une tuile ou sous un petit tunnel réalisé avec une bouteille plastique). À disposer aux extrémités de vos planches de salades (une cuillère à soupe pour chaque abri). Le produit se dégrade en phosphates et en fer. Il est homologué en France (vendu sous le nom Ferramol, en jardineries).

coprs de la limace

 

Contamine-sur-Arve